Retour sur ICOTHEC 2014.

« TECHNOLOGY IN TIMES OF TRANSITION »

Le 41ème symposium de l’ICOHTEC, qui s’est déroulé  en Roumanie à Brasov du 29 juillet au 2 août 2014,  a réuni près de 200 spécialistes – universitaires, historiens, chercheurs, responsables de collections – sur le thème « Technologie en périodes de transition ». Trente pays étaient représentés dont 85 % de l’Union Européenne.  Monique Chapelle qui était présente, nous rapporte ici quelques intéressantes informations :

Une équipe universitaire roumaine chaleureuse a accueilli les participants dans les locaux de l’université de Transylvanie. Crée en 1948 à Brasov, l’Institut Polytechnique est devenu, à partir de 1990, le noyau  d’une université qui compte 18 facultés et plus de 20 000 étudiants. Elle a noué et continue de promouvoir de nombreux partenariats avec des universités européennes et des entreprises internationales.

Membre de l’Union Européenne depuis 2007, La Roumanie compte 21 500 000 habitants. Ses principaux secteurs industriels (pétrochimie, métallurgie, industries mécaniques) ont été l’objet de plusieurs bouleversements liés aux changements politiques.

Les avions…
La Société Industrie Aéronautique Roumaine (IAR) est fondée en 1925. Son capital est détenu pour un tiers par les français Lorraine-Dietrich et Blériot-Spad aux côtés d’entreprises et de l’Etat roumain. Elle s’étend sur 223 ha et dispose d’un terrain d’aviation qui servira d’aéroport de Brasov jusqu’en 1961. Entre 1927 et 1945, IAR va produire plus de 1 000 avions de 25 types : 17 de conception roumaine et 8 types sous licences dont le Français Potez.

Le matériel agricole…
Après 1945, le traité de paix interdisant à la Roumanie la construction d’appareils militaires, l’usine IAR doit reconvertir ses ateliers pour fabriquer des tracteurs agricoles dans le cadre d’une économie communiste centralisée. Tractorul S.A. produit  d’abord deux modèles soviétiques puis, vers 1960, le type UROS (Uzina de Tractoare Orasul Stalin) qui prend ensuite le nom d’Universal. Ces matériels s’exportent en France, Hollande,  Inde … Dans les années 1970, Tractorul acquiert une licence Fiat ; ses nouveaux tracteurs de forte puissance sont appréciés dans les pays du bloc soviétique. Le dernier modèle doté d’un moteur Scania, est utilisé en 1985 pour les  travaux de construction du canal Danube-Mer Noire. Tractorul fait faillite en 2007.

Les hélicoptères…
Pendant la vingtaine d’années qui précède la chute du régime communiste, ICA nouveau nom d’IAR,  développe des constructions aéronautiques civiles : planeurs, avions. A partir de 1971, des hélicoptères sont  réalisés sous licence française (SNIAS) Alouette III et Puma. La  transition entre l’économie centralisée et l’économie de marché s’effectue  par l’introduction de capitaux étrangers et la création en 2002, d’Eurocopter Roumanie SA.

Les véhicules utilitaires…
Pendant la 2ème guerre mondiale, l’usine Astra produit à Brasov des matériels d’armement. A l’issue du conflit, elle devient une usine de poids lourds. En 1954, le premier modèle fait partie de la famille de camions du constructeur soviétique ZIL. Au début des années 60, les « Carpati » et « Bucegi » qui circulent sur les routes du pays sont  la simple copie roumaine de produits Ford.

En 1969, l’acquisition de la licence du constructeur allemand MAN donne naissance à la marque ROMAN (ROumanie + MAN). Les camions sont adaptés aux marchés, surtout militaires. Mais leur évolution semble ne pas suivre celle du produit du bailleur de licence et le camion Roman vieillit.

Au cours de la décennie 80, les ingénieurs de Roman se consacrent à l’étude du projet d’une gamme de 25, 50, 100 tonnes visant une production de 1 500 unités  dont ils pensent que la plupart sera absorbé par le marché chinois. Cette ambition engloutit les ressources humaines et les moyens  techniques sans résultat. Depuis 2004, les productions de camions et d’autobus ont repris sur de nouvelles bases, et les exportations sont au rendez-vous.

« Renault, de la Roumanie à Logan »

Bien que Jean-Louis Loubet, professeur à l’Université d’Evry Val d’Essonne, n’ait pu se rendre comme prévu à Brasov, sa communication est résumée dans les lignes suivantes :

« Dans son histoire, Renault est venu deux fois en Roumanie. D’abord, à la fin des années 1960, poussé par les autorités soviétiques et  celles du Comecon. L’aboutissement sera la naissance de l’usine de Pitesti et le lancement en Roumanie de la Renault 12. La seconde venue, celle qui nous intéresse ici, correspond à la renaissance du pays après l’ère communiste.

Le président de Renault, Louis Schweitzer, mesure lors de la chute du bloc de l’Est la potentialité d’une voiture à 5 000 dollars. Un long chemin à parcourir. L’une des conditions de ce qui deviendra la voiture low-cost est la maitrise – et probablement la possession – d’un outil industriel capable de produire à coût très bas, mais en même temps garant d’une qualité parfaite, soit des éléments inexistants – voire incompatibles – en Europe occidentale.

C’est en Roumanie, sur l’ancien site de Pitesti, que Renault va construire l’usine à Logan, un outil industriel remis pas à pas à niveau, mais aussi faire renaître une marque, Dacia. Le système Dacia devient le socle d’une adaptation de l’automobile européenne à la crise de ses marchés occidentaux, mais une réponse évolutive aux besoins des marchés des pays émergents. Renault a parié sur la Roumanie à la fin du 20ème siècle. Ce pari est devenu l’un des éléments structurants de sa résistance à la crise actuelle.»

Un article sur ce le 41ème symposium de l’ICOHTEC paraîtra dans la Lettre de la Fondation Berliet n°166.


 
 
 

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