Lyon à l’heure du Grand Prix de 1924

Événement majeur de la saison sportive automobile européenne, le grand Prix de l’Automobile Club de France offre au public un spectacle riche en émotions fortes et une occasion d’admirer des « monstres mécaniques » hors du commun :  Delage, Sunbeam, Bugatti… alignent des véhicules aux lignes magnifiques, brillants de tous leurs chromes. Leur allure fait sensation : l’impact publicitaire est considérable.

Un circuit varié pour une course mémorable…

Pour la deuxième fois depuis 1914, le grand Prix de l’ACF se déroule sur la région lyonnaise. D’importants travaux d’élargissement et de réfection de la chaussée ont été effectués. Malgré tout, contrairement aux pistes artificielles des autodromes, le parcours est de qualité inégale, souvent médiocre mais il ajoute à l’intérêt de la course : « (…) il représente en outre une diversité de revêtements qui est précieuse, puisqu’elle correspond sensiblement à celle que l’on rencontre sur les routes de France : ainsi, en partant des tribunes, on trouve d’abord du béton spécial, dit « Soliditit », puis un revêtement à liant de chaux et goudron et enfin l’empierrement habituel (macadam) de nos chaussées courantes.  » (Ch.Faroux  in : La Vie Lyonnaise 1924).

Le circuit est un triangle de 23 km 145 situé à 14 km au sud de Lyon. L’angle le plus rapproché de Lyon est le lieu-dit Les 7 Chemins, au sud-ouest de Brignais. « Partant du virage des 7 Chemins, le circuit emprunte d’abord une piste très roulante (…) qui suit la vallée du Garon et comporte quelques virages à grands rayons. Dans Givors (7,5 km), virage à droite puis virage en S (…) Immédiatement commence une montée longue de 2 km, assez étroite et comportant quelques virages à court rayon. À la bifurcation de la Pyramide (12 km), le circuit prend à droite (…) Au Pont Rompu (14,8 km) virage à droite à angle droit puis chemin de grande communication dite « route des Montagnes russes », large, rectiligne pendant  6 km et propice aux plus extrêmes vitesses (…) Cette longue ligne droite se termine par la descente des Esses qui comporte un virage en épingle à cheveux. Aux 7 Chemins (23 km), virage très aigu. La ligne d’arrivée et les tribunes se trouvent à 800 mètres. » (Ch.Faroux in : La Vie Lyonnaise 1924)

Grand Prix du tourisme (2 août 1924) : les lyonnaises en forme !

Minuit, le 2 août,  l’épreuve d’endurance du Grand Prix du Tourisme est au départ : elle réunit 30 voitures. Parmi elles, six lyonnaises : trois Cottin-Desgouttes et trois La Buire. Le conducteur est seul à bord, des sacs de sable remplacent les voyageurs dans la carrosserie. La quantité d’essence est fixée d’avance et contenue dans les 2 réservoirs du véhicule. Aucun ravitaillement, aucun arrêt du moteur ne sont autorisés. Le but est d’effectuer un nombre de tours imposé (19 à 25 tours) dans un délai et à une vitesse moyenne définis par le règlement. Cette épreuve sollicite durement  les qualités de conduite des concurrents mais elle n’est pas la plus spectaculaire : au fil des heures, plusieurs spectateurs se détournent momentanément des tribunes : «La ronde continue, monotone (…) le dancing est archiplein et le haut-parleur joue les morceaux du répertoire chaque fois qu’il n’a pas à signaler de menus incidents. Ce sera ainsi jusqu’à l’aurore. » (G.Berthillier, La Vie Lyonnaise 1924.)

À midi, les voitures qui auront surmonté ces 8 h de course éliminatoire peuvent s’aligner pour la finale du Grand Prix du Tourisme : une épreuve de vitesse pure à consommation limitée effectuée sur 13 tours (301 km). L’attention du public s’accroît et le spectacle est au rendez-vous. C’est Cottin-Desgouttes qui va l’emporter avec 2 voitures à la première et seconde place : « Victoire lyonnaise à tous points de vues ; coup d’essais, coup de maître. Il coulera du champagne ce soir à Monplaisir. » (G.Berthillier, La Vie Lyonnaise 1924.)

Grand Prix de l’Europe (3 août 1924) : 7 h au volant à 110 km/h de moyenne !

3 août à 9 h : les 20 équipages du Grand Prix de l’Europe se lancent pour 7 à 8 heures de vitesse. Les voitures ont fière allure avec leur ligne basse et leur fuselage arrière « aérodynamique ». Sous les capots, les moteurs ne comptent pas moins de 6 ou 8 cylindres… voire 12 cylindres pour les Delage ! Bien calés dans leur siège-baquet, les concurrents doivent effectuer  35 tours de circuit, soit 810 km au volant de véhicules puissants, mais dotés de châssis rigides à suspension dure. Ajoutons à cela la qualité médiocre du revêtement routier, la  sinuosité du parcours et nous aurons une idée des difficultés de l’épreuve.« Faire du 120, voire même du 140, cela est facile mais combien de temps maintenez-vous cette allure ? Quelques minutes seulement  (…) mais en course ! Vous figurez-vous ce que peut être une tension nerveuse soutenue pendant 7 à 8 heures consécutives ? »(G.De Pawlowski in Automobilia 1924.)

La course du Grand Prix de l’Europe est palpitante et riche en rebondissements : dans ces conditions où les mécaniques sont « poussées » à bout, avaries et points faibles bousculent les pronostics : Les prometteuses Bugatti et les favorites Sunbeam rencontrent respectivement des ennuis de pneumatiques et de bougies. C’est finalement Alfa-Roméo qui remporte la victoire en effectuant les 810 km de l’épreuve en 7 h05 min. 34 sec.,soit une moyenne de 114 km/h ! Delage se classe deuxième à 12 min.30 sec. du vainqueur.

 
 
 
 

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