« Le plein SVP ! »: rétrospective illustrée

Entre 1895 et 2012, la distribution du carburant a bien changé… tour d’horizon en images à travers nos archives…

Le pétrole est distribué en France dès 1859 pour alimenter… les lampes ! Aux temps héroïques des balbutiements de l’automobile, le chauffeur devait se fournir chez l’épicier ou le droguiste. Le carburant, vendu comme produit d’éclairage, était conditionné en bidon de 5 ou 10  litres que l’on vidait  dans le réservoir à l’aide d’un entonnoir garni d’une peau de chamois.

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Entre 1898 et  1914, les premiers « garages pour automobiles »  voient le jour. Ils deviennent également dépositaires de carburant et d’huile, toujours stockés et livrés en bidons. Dès 1909, les garages anglais et américains s’équipent de réservoirs enterrés de 8000 litres dotés d’un système de pompe oscillante.

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En France, il faut attendre  1920  pour voir les premières pompes à essence. A partir de 1922, les pompes à jaugeur puis à bi-jaugeur, dont les fameuses SATAM, permettent un comptage précis et visible du tirage de carburant.

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A cette époque existent également des pompes mobiles, surnommées « chars romains », constituées d’un charriot supportant une citerne. Elles étaient poussées aux croisées des routes et venaient ainsi au-devant de l’automobiliste.

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Vers 1930, des « stations modèles d’entretien et de graissage » apparaissent dans les grandes villes. S’inspirant déjà des « service stations »  américaines, elles assurent la distribution d’essence, le lavage et les opérations de mécanique courantes. Dans les zones rurales, le garage  reste une petite entreprise familiale bien implantée au cœur du village, souvent issue du charronnage, de la maréchalerie, ou même de  l’écurie de louage. Outre faire le plein et demander  une réparation, on peut parfois y acheter son pain, son tabac, son journal… et même y prendre un verre.

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En 1936, les établissements Boutillon mettent au point la pompe « Volucompteur ». Homologué officiellement par circulaire ministérielle, ce volucompteur indique le prix de vente au litre, la quantité débitée et le prix à payer. Cette cabine de distribution d’essence évoluera à travers le temps mais le principe est resté le même jusqu’à aujourd’hui.

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Après 1950, les stations-service modernes des grands distributeurs pétroliers se multiplient : architecture élancée, larges vitrines, enseignes éclairées,  costumes des  pompistes… le concept adopte résolument la mode américaine. Les exploitants de la station deviennent gérants et sont suivis de très près par leur marque concessionnaire.

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Des livrets leurs enseignent la façon d’accueillir le client : « Soignez votre tenue, nettoyez vos pompes, soyez constamment en alerte, dès qu’un véhicule approche, portez-vous rapidement au-devant de lui, accueillez le conducteur avec le sourire… »

détail du livret édité par BP pour ses employés : cliquez ici

Dès 1960,  les opérations « cadeaux »  publicitaires séduisent  non seulement le conducteur mais aussi toute la famille : porte-clés, briquets, gadgets  font alors la joie des petits et des grands !  On peut même cumuler des « points de fidélité » pour gagner cartes routières, tasses, services à pique-nique, livres, accessoires de plage, etc.

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Durant cette époque de croissance et d’optimisme, les distributeurs sont à la pointe du marketing  afin de fidéliser les automobilistes de plus en plus nombreux. En 1967, l’Union Générale de Distribution (UGD)  est déjà propriétaire de La Mure, Avia,  Caltex et Texaco :  elle va frapper un grand coup en transformant en une nuit ses 4 500 points de vente sous l’unique et nouvelle marque  ELF. Cette opération spectaculaire est précédée d’une campagne d’affichage qui va exciter la curiosité de chacun : « Les ronds rouges arrivent ». Cette campagne, qui ne laisse alors rien filtrer du type de produit en préparation, rappelle celle que Berliet avait lancée en 1965 pour la sortie du camion Stradair.

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En 1963, un des premiers supermarchés Carrefour s’équipe de pompes à essence mais le concept ne se généralise vraiment qu’à partir de 1970 : cette année-là, 470 grandes surfaces distribuent 3% du carburant vendu en France. Après le premier choc pétrolier de 1973, la tendance se confirme. Les hypermarchés affichent alors des prix si bas par rapport aux stations classiques que les pompistes les accusent de se servir du carburant comme « produit d’appel » pour attirer les clients dans leur magasin. Depuis lors, chaque année, des stations-service disparaissent… la France en comptait 50 920 en 1970, on en recensait 12 051 en 2010. A l’heure actuelle, la grande distribution et son modèle « low cost » représente un tiers du parc français avec 4 902 points de vente…  qui fournissent  62 % du carburant

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