Paul Berliet visionnaire : échos de la conférence

À l’invitation d’Olivier Girerd, président de Lugdunum-Florentia, Monique Chapelle, vice-présidente de la Fondation Berliet a donné une conférence intitulée  « Paul Berliet, visionnaire », le 19 juin au Fort de Vaise.

Après avoir brièvement retracé la jeunesse de Paul Berliet né en 1918 à Lyon, elle a montré, au travers de réalisations concrètes du chef d’entreprise, le caractère visionnaire  de l’industriel qui, comme son père Marius, pensait « à vingt ans ».

Cette capacité d’anticipation, il l’a mise en œuvre dans les domaines technique, industriel, commercial, humain.

Parmi les véhicules, le camion GLR, révolutionnaire avec sa cabine entièrement métallique, la gamme saharienne, en particulier  « la Gazelle » aux capacités de franchissement inégalées au 21ème siècle, le Stradair  premier camion au monde doté d’une suspension à air qui, 40 ans plus tard a pratiquement remplacé la classique suspension à ressorts à lames, la cabine 2400 qui, à partir de 1970, a équipé la gamme routière et qui durera  26 ans.

Dès 1952, il crée un « bureau de style », ancêtre du design. Convaincu que « la matière grise sera la plus indiscutable de nos richesses », il dote Automobiles M. Berliet, en 1962, d’un Centre d’Etudes & de Recherches le plus moderne d’Europe.

Au plan industriel, conscient que la mécanisation de l’agriculture et le déclin des industries traditionnelles libèrent une main-d’œuvre, il lui paraît humain et naturel de contribuer au maintien d’une population locale en portant l’activité sur place. Ainsi, sont édifiées les usines de Bourg (01), Andrézieux-Bouthéon (42), l’Arbresle (69), Saint-Priest (69), Saint-Alban-Leysse (73) sur des surfaces excédant largement les besoins immédiats.

En 1960, il écrit « il s’agit (…) d’apprendre aux pays émergents les éléments de la technique moderne qui leur permettent de s’élever eux-mêmes en travaillant sans risquer d’avoir faim. C’est leur permettre de remplir pleinement leur destin d’hommes. »

Et en 1974, au moment des chocs pétroliers,  « à nos fournitures de produits élaborés, doit succéder celle de notre savoir-faire et de notre assistance technique, à des partenaires qui les utiliseront d’abord pour la satisfaction de leurs besoins nationaux mais qui sauront aussi à terme prendre une place sur les marchés extérieurs (..). Les rôles seront ainsi redistribués et les pays européens ne doivent se faire aucune illusion sur les efforts d’adaptation qu’ils doivent consentir »

Déclarations déjà précédées de réalisations : en 1954, au Brésil, en Algérie, en 1958 avec la première tranche de l’usine de Rouïba suivie d’un contrat d’industrialisation « produits en mains » de 7 véhicules d’un complexe sur 500 ha, au Maroc en 1958.

En 1965, c’est avec le gouvernement chinois que sera signé un contrat de transfert de technologie portant sur 4 véhicules lourds. Le rôle précurseur de Paul Berliet ne sera pas oublié en République Populaire de Chine : en 1975, visite de Deng Hsiao Ping à Vénissieux, en 2009, hommage rendu par l’Ambassadeur « à ce Lyonnais qui fut le premier industriel français à aider les entreprises de la nouvelle Chine »

À Cuba en 1969, en Pologne en 1972, signature de contrat d’industrialisation d’autobus.

La politique humaine d’Automobiles M. Berliet a été marquée par la place essentielle de la formation qui, en 1962, absorbait 5 % de la masse salariale alors qu’en 1976, l’obligation légale sera de 2 %. Paul Berliet a aussi la préoccupation de développer l’information dès 1952, de mettre en chantier  la qualification des emplois suivant des critères scientifiques en 1955, d’améliorer  le statut ouvrier en 1958 . En 1966, il propose  au personnel féminin la possibilité d’accéder à des postes tenus par des hommes en même temps que la formation appropriée.

Lorsque, en 1974, les  pouvoirs publics contraignent le  groupe Michelin, dans lequel Berliet avait choisi d’entrer en 1967, à céder Automobiles M. Berliet à la Régie Nationale des Usines Renault, Paul Berliet « décide de ne pas quitter le navire et de rester au service du camion français, je ne voulais pas non plus abandonner mes hommes »

Sa capacité d’anticipation ne s’érode pas avec les années. Il convainc sa famille et Renault Véhicules Industriels de créer en 1982 la Fondation de l’Automobile Marius Berliet, reconnue d’utilité publique. Sa mission : sauvegarder et valoriser le patrimoine automobile lyonnais et l’histoire du camion français car il pressent qu’un jour viendra où les jeunes générations auront besoin de retrouver leurs racines pour mieux se projeter dans l’avenir

Généreux, il ne ménage ni son temps, ni ses forces, ni son charisme pour accomplir sa mission  auprès des milieux professionnels, culturels, de l’éducation, de la recherche, en France et à l’international. En 1997, il agrandit de 50 % les capacités de stockage de documents car « le manque d’espace asphyxie des centres d’archives,  pensons à 20 ans ».

Présente dans des manifestations professionnelles, pôle de ressources pour les chercheurs et ceux qui veulent comprendre comment la civilisation automobile a modelé le 20ème siècle, la Fondation Berliet poursuit l’œuvre de son fondateur dans le même esprit.

 
 
 
 

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