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Fondation de l'Automobile Marius Berliet

Pipe-line Sud Européen : les Berliet au travail !

Le Pipe-line Sud Européen est un oléoduc de 769 kilomètres, reliant la Méditerranée à la région du Rhin supérieur. Depuis plus de 50 ans, il assure l’approvisionnement des raffineries et d’une plate-forme pétrochimique sur l’axe Fos-sur Mer – Karlsruhe (Allemagne), avec une jonction vers la Suisse.

Mise en place du pipe-line : un chantier immense !

Une journée de chantier au sud-est de Lyon, Péage d’Oytier, en juin 1961 (Article Berliet Charge Utile » 12/1961).

La construction va s’étendre de 1958 à 1962. Le tracé est réalisé en grande partie à l’écart des habitations et infrastructures. Il est géré en amont des travaux, par les géomètres et « régisseurs d’espaces » qui s’entendent avec les propriétaires des terrains.
Les ouvriers qui posent les tubes avancent à raison de 1200 m par jour et le rythme est suivi par un groupe de 700 personnes.

 

 

Berliet TBC8 pose pipeline 1961 vue5

Berliet TBC8 pose pipeline 1961

 

Berliet TBC8 pose pipeline conducteurs

 

L’équipe 1 se charge de faire la piste d’accès et le tracé, à l’aide de cinq bulldozers et d’une niveleuse.

L’équipe 2, armée de trancheuses et pelles mécaniques, creuse la tranchée (profondeur 1,80 m – largeur 1,20 m).

L’équipe 3 se charge du « bardage », c’est-à-dire la mise en place à côté de la tranchée, des éléments de tubes. Des hommes du même groupe font ensuite le réalignement et le cintrage, dernière opération avant la soudure.

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L’équipe de soudure réalise la partie la plus technique et la plus délicate du travail. Les points de soudure sont les points névralgiques de la réalisation.

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L’équipe 4 assure le revêtement du tube (verni adhésif « Carbolac ») et l’emmaillotement avec fibre de verre et feutre goudronné.

Les équipes 5 et 6 procèdent à la mise en fouille et au remblaiement.

L’équipe 7 efface les traces du travail, rendant à ses propriétaires l’usage du sol.

Les camions Berliet au travail :

Chargés de tubes prêts à être soudés, les TBC8 RM 6×4 « Gazelle » parcourent 400 km (routes et de pistes) par jour pour approvisionner le chantier.

 

 

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Berliet TBC8 pose pipeline 1961 virage

 

Berliet TBC8 déchargement tubes de pipeline

 

Tracteur « Gazelle » tous-chemins TBC8RM 6×4

Produit entre novembre 1959 et août 1960
Empattement : 3,09 m – poids 6 850 kg
PTR : 24 tonnes sur route / 22 tonnes en tous-chemins
Moteur diesel MDU25M, 5 cyl. 123 x 140
Embrayage 14LF64, bi-disques à sec
Boîte de vitesses FBV11 (5 vitesses av. 1 arr.)
Boîte transfert Herwaythorn Delta à 2 rapports
Pont intermédiaire HPMB2 et arrière HPRB2 – à double démultiplication
Essieu avant FHGB à section en I
Direction FDXS avec assistance hydraulique
Freinage pneumatique 3 circuits
vitesse maximale : 61 km/h

 

Les gros TBO15 et TLM15 sont aussi réquisitionnés pour transporter par tous chemins, les engins et matériels (chenillettes, trancheuses, pelles mécaniques, bulldozers, groupes électrogènes etc.) à pied-d’ œuvre.

Berliet TLM pose pipeline 1961 vue10

Berliet TLM pose pipeline 1961

Parmi les véhicules présents sur le chantier de remblaiement, ce GDM10W de 1946 n’a pas encore pris sa retraite… costauds ces Berliet !

Berliet GDR pose pipeline 1961

Gros plan sur le pipe-line sud-européen :

Le pipe-line est dès l’origine reconnu d’intérêt général et autorisé par décret d’utilité publique. Ce mode d’acheminement s’avère le plus pratique et le plus économique, malgré l’usage de 34 pompes de 1650 kW tout au long du tracé. En effet, on estime qu’il aurait fallu recourir à une noria de 2000 camions citernes à plein temps sur un trajet routier de plus de 3000 km si l’oléoduc n’existait pas. (Sources DDmagazine.com-2009).

Son débit est de 10 millions de tonnes de pétrole par an à une vitesse moyenne de 7 km/h. Il est alimenté par des navires pétroliers qui déchargent leur cargaison de brut au port de Fos-sur-Mer et de naphta et condensat au port de Lavéra.

En 1958, seize sociétés pétrolières appartenant à six pays différents participent à la création de la Société du Pipe-line Sud Européen (SPSE) permettant la mise en service opérationnelle en 1963, d’une canalisation de grand diamètre (86 cm, soit 34 pouces). Cette infrastructure va être renforcée par deux autres oléoducs (40 pouces et 24 pouces) en 1971-1972.

De nos jours, dans un contexte de crise, la SPSE a réduit son activité. Depuis la fermeture de la raffinerie alsacienne de Reichstett en 2011, puis l’arrêt des importations par Fos de la raffinerie allemande de Karlsruhe en août 2012, le plus gros oléoduc est inutilisé. Vide de brut, il a été « mis en cocon », c’est-à-dire inerté à l’azote. Le tuyau de 34 pouces fonctionne encore de Fos jusqu’à Cressier (Suisse), via Feyzin. (Sources Le Marin.fr – 2013).

Extrait de l’article de 1961 : cliquez ici